Préparation
Business Analyst Assurance
Le métier, les questions d'entretien, et trois ateliers interactifs pour pratiquer le SQL, les API et l'asynchrone sur des cas d'assurance IARD.
Les fondamentaux de l'assurance
La mutualisation du risque
Chaque assuré verse une petite somme (la prime) dans un pot commun. Lorsqu'un sinistre survient pour l'un d'eux, le pot commun finance l'indemnisation. L'assureur organise cette solidarité : il calcule les probabilités, fixe les primes et gère les indemnisations.
💡 1 000 conducteurs cotisent 600 €/an → pot commun de 600 000 €. Si 10 d'entre eux ont un accident à 20 000 €, les 200 000 € sont couverts — sans que personne ne débourse une fortune seul.
🚗 IARD — Incendie, Accidents, Risques Divers
- Couvre les biens et la responsabilité civile
- Exemples : auto, habitation, multirisque pro
- Principe indemnitaire : on répare le préjudice réel subi, jamais plus — on ne peut pas « gagner » avec une assurance
- Déclencheur : sinistre matériel ou corporel tiers
🩺 Santé — complémentaire maladie
- Couvre les frais de santé de la personne
- Exemples : complémentaire santé, prévoyance, mutuelle
- Principe forfaitaire : montant fixé au contrat, indépendant du coût réel (ex. forfait optique 150 €/an)
- Déclencheur : consultation, hospitalisation, optique…
Les acteurs
Le cycle de vie d'un contrat
tarification du risqueSouscription
contrat + CP + 1er encaissementVie du contrat
avenants, quittancement, indexationSinistres
déclaration → règlementRésiliation
échéance, Hamon, Châtel…
À chaque étape : des documents (devis, conditions particulières, avis d'échéance, attestations) et des écritures comptables — autant de sujets de spécification pour le BA.
Le parcours d'un sinistre IARD
sous 5 jours (2 j vol, 10 j cat. nat.)2. Ouverture
dossier + gestionnaire3. Instruction
pièces, expertise éventuelle4. Décision
acceptation ou refus5. Indemnisation
virement ou règlement direct
L'expert mandaté chiffre les dommages ; l'assuré peut demander une contre-expertise. L'indemnité est versée déduction faite de la franchise.
🧮 Franchise : qui paie quoi ?
Réglez les curseurs et lisez la répartition.
🧮 Ratio S/P : le portefeuille est-il rentable ?
S/P = sinistres payés ÷ primes encaissées. < 100 % : rentable.
Le provisionnement : mettre en réserve de quoi couvrir les sinistres survenus mais pas encore réglés — une obligation comptable.
Le jargon & les sigles incontournables
Le vocabulaire de base
| Terme | Définition courte | Exemple |
|---|---|---|
| Police | Le contrat d'assurance écrit | Votre contrat auto de 12 pages |
| Avenant | Modification d'un contrat en cours | Ajout d'un conducteur secondaire |
| Résiliation | Fin du contrat (par l'assuré ou l'assureur) | Résiliation après non-paiement |
| Garantie | Ce qui est couvert par le contrat | Garantie bris de glace |
| Exclusion | Ce qui n'est PAS couvert | Dommages intentionnels exclus |
| Plafond | Montant maximum remboursé par garantie | Plafond vol = 50 000 € |
| Franchise | Reste à charge de l'assuré par sinistre | Franchise 300 € sur un dégât des eaux |
| Quittance | Appel et justificatif de la prime d'une période | Quittance annuelle à l'échéance |
| Prime / Cotisation | Somme payée par l'assuré pour être couvert | 600 €/an — « prime » en IARD, « cotisation » en santé |
Les sigles à maîtriser
| Sigle | Signification | Contexte | |
|---|---|---|---|
| ACPR | Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution | Le gendarme des assureurs en France | 🔵 Commun |
| DDA | Directive sur la Distribution d'Assurances | Encadre la vente de produits d'assurance | 🔵 Commun |
| KYC | Know Your Customer | Vérification d'identité obligatoire | 🔵 Commun |
| S/P | Ratio Sinistres sur Primes | Indicateur de rentabilité technique | 🔵 Commun |
| BRD | Business Requirements Document | Document de cadrage des besoins | 🔵 Commun |
| UAT | User Acceptance Testing | Recette utilisateur avant mise en production | 🔵 Commun |
| MoSCoW | Must / Should / Could / Won’t have | Méthode de priorisation des exigences | 🔵 Commun |
| IPID | Insurance Product Information Document | Document normalisé remis avant souscription | 🔵 Commun |
| IRSA | Indemnisation et Recours des Sinistres Automobiles | Convention inter-assureurs auto | 🚗 IARD |
| CRM | Coefficient de Réduction-Majoration | Le bonus-malus auto : de 0,50 à 3,50 | 🚗 IARD |
| ANI | Accord National Interprofessionnel | Complémentaire santé obligatoire en entreprise | 🩺 Santé |
| AMO | Assurance Maladie Obligatoire | La Sécurité sociale | 🩺 Santé |
| AMC | Assurance Maladie Complémentaire | La mutuelle / complémentaire santé | 🩺 Santé |
| CSS | Complémentaire Santé Solidaire | Aide de l'État pour les faibles revenus | 🩺 Santé |
Le bonus-malus (CRM) en 30 secondes
Coefficient de 0,50 à 3,50 appliqué à la prime de référence auto : −5 % par année sans sinistre responsable, +25 % par sinistre responsable. Un conducteur au bonus maximal (0,50) paie moitié moins que la prime de référence.
Réglementation & lois clés
Les textes qui reviennent dans tous les projets assurance — cliquez pour dérouler. Le cadre général : le Code des assurances régit les contrats, l'ACPR contrôle les assureurs, le RGPD protège des données particulièrement sensibles (santé, finances).
🔵 CommunLoi Hamon (2014)
L'assuré peut résilier à tout moment après 1 an de contrat, sans préavis ni justification. Le nouvel assureur gère les formalités.
🔵 CommunLoi Châtel
Si l'assureur n'envoie pas l'avis d'échéance à temps, l'assuré peut résilier jusqu'à 20 jours après réception de l'avis tardif.
🩺 Santé / personnesRésiliation infra-annuelle (2020)
Après 1 an, un contrat complémentaire santé se résilie à tout moment avec 1 mois de préavis.
🩺 Santé / personnesLoi Lemoine (2022)
Assurance emprunteur : résiliation/substitution à tout moment, suppression du questionnaire médical (part assurée ≤ 200 000 €, terme avant 60 ans), droit à l'oubli ramené à 5 ans. Impacts SI : parcours de substitution, équivalence de garanties (critères CCSF), volumétrie de résiliations.
🚗 IARDLoi Badinter (1985)
Indemnisation automatique et rapide des victimes non conductrices (piétons, passagers) des accidents de la circulation, indépendamment de la faute.
🚗 IARDConvention IRSA
Règlement amiable entre assureurs : chaque assureur indemnise son propre client puis exerce des recours forfaitaires selon un barème de responsabilité. Objectif : accélérer l’indemnisation.
🩺 Santé / personnesANI (2016)
Toute entreprise privée doit proposer une complémentaire santé collective co-financée au moins à 50 % par l’employeur.
🩺 Santé / personnesLoi Évin & portabilité
Maintien de la complémentaire collective après rupture du contrat de travail (12 mois minimum) ; portabilité des droits santé/prévoyance pendant le chômage indemnisé. Enjeu SI : automatiser le suivi et la résiliation des droits.
🩺 Santé / personnes100 % Santé (2019-2021)
Zéro reste à charge en optique, dentaire et audiologie sur le panier « 100 % Santé » — remboursement obligatoire à 100 % par les complémentaires. Pour le BA : paramétrage du moteur de prestations.
🔵 CommunDDA (2018) & devoir de conseil
Remise de l'IPID avant souscription, traçabilité écrite du conseil, 15 h de formation annuelle des distributeurs. Tout parcours de souscription digitale doit intégrer ces obligations, sinon il est non conforme.
🔵 CommunSolvabilité II & IFRS 17
Solvabilité II : fonds propres suffisants, traçabilité des données, reporting réglementaire (QRT). IFRS 17 (2023) : comptabilisation des contrats à la valeur actuelle des engagements — chantiers majeurs de référentiels de données et de reporting.
💰 VieLoi Sapin 2
En cas de menace grave pour le système financier, le HCSF peut limiter temporairement les versements et les rachats sur les contrats d'assurance-vie (3 mois renouvelables, 6 mois maximum pour les rachats) afin d'éviter un retrait massif.
Processus métier & transformation digitale
La souscription digitale
moteur + scoringChoix formuleKYC & pièces
CNI, domicile, RIB…Signature
électronique
Le KYC (Know Your Customer) est une obligation légale anti-fraude et anti-blanchiment : pièce d'identité, justificatif de domicile < 3 mois, RIB — et en auto : carte grise, permis, relevé d'information. Le BA spécifie les contrôles automatiques, les cas de rejet et les interfaces avec les prestataires de vérification (Ubble, Onfido…).
Tarification & scoring
Le moteur de tarification calcule la prime selon le profil de risque ; le scoring est la note de risque du profil.
- 🚗 Variables IARD : âge/expérience du conducteur, véhicule et puissance, bonus-malus, zone géographique
- 🩺 Variables santé : âge, composition familiale, catégorie socioprofessionnelle, niveau de garantie
Souvent la partie la plus complexe à spécifier : variables d'entrée, formules, cas particuliers.
SelfCare & portail adhérent
L'assuré gère lui-même son contrat sans intervention humaine : consulter, déclarer un sinistre, uploader des justificatifs, suivre ses remboursements, modifier son contrat.
Levier majeur de réduction des coûts et d'amélioration de l'expérience client.
OCR & automatisation documentaire
Lecture automatique des documents scannés : feuilles de soins, carte grise, indexation des pièces (CNI, RIB), pré-remplissage des formulaires de sinistre.
Le BA définit les champs à extraire, le taux d'erreur acceptable, les cas de contrôle humain et l'archivage.
IA conversationnelle
Chatbots et voice bots 24/7 : déclaration de sinistre guidée, réponses aux questions courantes (délais, franchise, documents), modifications simples en autonomie.
Microservices & API REST
L'application est découpée en services indépendants (tarification, sinistres, KYC…) qui communiquent par API. Si l'un tombe, les autres continuent.
→ Voir l'onglet API Lab pour pratiquer.
Open Insurance & télématique
Partage sécurisé des données d'assurance via des API ouvertes, avec consentement (inspiré de l'Open Banking). En auto : le boîtier télématique score la conduite, personnalise la prime et peut pré-instruire un sinistre détecté (indemnisation fast track).
🩺 Tiers payant & remboursements
L'assuré n'avance pas les frais : l'AMO (Sécu) rembourse sa part (ex. 70 % du tarif de convention), l'AMC (mutuelle) complète. Réseaux de soins partenaires (Carte Blanche, Santéclair) : tarifs négociés et tiers payant renforcé.
Anti-fraude & data governance
Scoring de fraude, croisement de fichiers (AGIRA), IA de détection d'anomalies — le BA spécifie les règles de détection et les workflows d'alerte. Data governance : qui accède aux données de santé, combien de temps les conserver, qui est data owner. Un sinistre mal renseigné = une provision fausse = un ratio S/P erroné.
💰 L'assurance-vie d'après le guide Euodia
Définition & acteurs
L'assurance-vie est une enveloppe d'épargne : en contrepartie du versement de primes, l'assureur s'engage à verser une rente ou un capital à une ou plusieurs personnes déterminées. Trois codes la régissent : Code civil, Code des assurances, Code général des impôts.
Trois idées reçues à démonter
« Mon argent est bloqué 8 ans »
Non — l'argent est disponible à tout moment via rachats ou avances. Les 8 ans ne concernent que l'avantage fiscal (abattement de 4 600 € / 9 200 €).
« L'assurance-vie ne rapporte plus rien »
Faux — ne pas confondre fonds en euros et assurance-vie. Le rendement dépend de l'allocation choisie parmi les supports du contrat (actions, obligations, immobilier…).
« On ne peut avoir qu'une seule assurance-vie »
Faux — on peut détenir autant de contrats que l'on veut, sans plafond de versement.
Les supports
- Fonds euros : placement obligataire géré par l'assureur, capital garanti, rendement en baisse tendancielle.
- Unités de compte (UC) : OPCVM, SCPI/OPCI, produits structurés, ETF, titres vifs — pas de garantie en capital ; l'assureur garantit le nombre d'UC, pas leur valeur.
Un contrat avec les deux = multisupport. Gestion libre (l'épargnant arbitre) ou gestion pilotée (mandat à une société de gestion).
Les trois sorties du contrat
- Le rachat (partiel ou total) : à tout moment ; seule la part d'intérêts comprise dans le rachat est imposée.
- L'avance : prêt consenti par l'assureur (max 80 % des avoirs en fonds euros, 60 % en UC), 6 mois à 3 ans, les intérêts du contrat continuent de courir.
- La rente viagère : aliénation du capital contre des revenus réguliers — choix irréversible. Part imposable selon l'âge d'entrée en jouissance : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59, 40 % de 60 à 69, 30 % à partir de 70 ans.
Fiscalité des rachats (versements après le 27/09/2017 — PFU)
| Ancienneté du contrat | Imposition des gains | Total avec prélèvements sociaux (17,2 %) |
|---|---|---|
| Moins de 8 ans | PFU 12,8 % | 30 % |
| Plus de 8 ans — versements ≤ 150 000 € | 7,5 % après abattement annuel de 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple) | 24,7 % |
| Plus de 8 ans — versements > 150 000 € | 12,8 % | 30 % |
La fiscalité ne s'applique qu'à la sortie (rachat ou dénouement au décès), et uniquement sur la part de plus-value — exception : les prélèvements sociaux du fonds euros sont prélevés chaque 31/12. Exonération d'IR possible en cas de licenciement, mise en retraite anticipée, invalidité ou fin de CDD (sauf option PFU).
Transmission au décès
| Primes versées… | Régime |
|---|---|
| Avant les 70 ans de l'assuré (art. 990 I CGI) | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Plus-values et intérêts exonérés. |
| Après les 70 ans (art. 757 B CGI) | Abattement global de 30 500 € sur les sommes versées (tous bénéficiaires), puis droits de succession. |
La clause bénéficiaire peut être démembrée (quasi-usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) ; un bénéficiaire peut renoncer à la succession tout en acceptant le bénéfice de l'assurance-vie. La co-souscription n'est possible que pour les couples mariés en communauté. Délai de renonciation : 30 jours après l'adhésion.
Le rôle du BA en assurance, par niveau de maturité
🌱 Débutant
- Cartographier les acteurs (matrice RACI)
- Lire une police et en extraire les règles métier (garanties, exclusions, plafonds, franchises)
- Rédiger le glossaire projet — le premier livrable de tout projet
⚙️ Intermédiaire
- Modéliser les parcours en BPMN
- Rédiger des user stories avec critères d'acceptation
- Documenter les règles de tarification
- Spécifier un module KYC
🚀 Avancé
- Cadrer un projet end-to-end (BRD complet)
- Spécifier une intégration API partenaire (endpoints, formats, sécurité, SLA)
- Animer un atelier MoSCoW
- Piloter une stratégie UAT
La boîte à outils
Glossaire métierCartographies BPMNUser stories & BRDPlan de recette UATMatrice MoSCoWSpécifications APIMatrice d'impactsPV de recette
Ateliers métier & recueil du besoin
Q1Racontez-moi comment vous préparez et animez un atelier de cadrage. Prenez un exemple réel.
Réponse attendue
Je prépare toujours un atelier autour d'un objectif unique : un atelier = une décision à obtenir. Exemple réel : le cadrage de la signature électronique sur le parcours devis-contrat. En préparation, j'avais l'ordre du jour, les maquettes du parcours, et une liste de questions sur les règles à trancher : durée de validité du lien de signature, relances, comportement en cas de refus ou de pièce non conforme. En animation, je déroule le parcours pas à pas avec le métier et je challenge les cas limites (« et si le client ne signe pas sous 15 jours ? »), en notant décisions, hypothèses et actions en séance. En sortie : un compte-rendu Confluence validé, six user stories avec leurs critères d'acceptation, et deux points ouverts arbitrés par le PO la semaine suivante.
Q2Comment faites-vous quand deux métiers ne sont pas d'accord en atelier (ex. tarification vs distribution) ?
Réponse attendue
Je ne tranche pas à leur place : ce n'est pas le rôle du BA. Je reformule les deux besoins pour vérifier qu'ils se comprennent, puis j'objective le désaccord : impact de chaque option en chiffres (taux d'abandon du parcours d'un côté, qualité de la tarification de l'autre). Je propose des compromis quand c'est possible — par exemple différer une question après l'affichage du devis, ou une valeur par défaut modifiable. Si le désaccord persiste, je prépare un dossier d'arbitrage factuel (options, impacts, recommandation) et je le porte au PO ou au sponsor. L'essentiel : la décision est prise au bon niveau et elle est tracée.
Q3Un métier vous décrit un besoin flou du type « je veux que ce soit plus simple ». Comment le transformez-vous en exigences ?
Réponse attendue
Je fais préciser par les irritants concrets : qu'est-ce qui est compliqué, pour qui, à quelle étape ? Je m'appuie sur des faits mesurables : nombre de champs, taux d'abandon par écran, motifs d'appels au support. Puis je reformule en objectif mesurable — « simplifier la souscription » devient « passer de 12 à 7 champs en pré-remplissant depuis les référentiels » — que je décline en user stories priorisées. Le flou disparaît quand on passe du ressenti à l'observable.
Q4Comment gérez-vous un métier peu disponible qui ne valide jamais vos comptes-rendus ?
Réponse attendue
Je m'adapte à sa contrainte : des créneaux courts et récurrents plutôt que de grandes réunions, une préparation telle que 30 minutes suffisent, et les décisions prises en séance plutôt que par mail. Sur les comptes-rendus, j'annonce une règle de validation tacite : « sans retour sous 5 jours ouvrés, le CR est réputé validé » — annoncée à l'avance, jamais imposée après coup. Si le blocage persiste et met le planning en risque, j'escalade factuellement via le PO, sans mettre la personne en cause.
Q5Que faites-vous d'une règle de gestion que personne ne sait justifier (« on a toujours fait comme ça ») ?
Réponse attendue
Surtout ne pas la supprimer par défaut : une règle inexpliquée est souvent une contrainte réglementaire ou un correctif historique oublié. J'investigue : l'historique (origine réglementaire ? contrainte technique ? héritage d'un ancien produit ?), l'impact en données (combien de contrats du stock passent par cette règle ?), et l'avis de la conformité. Si l'analyse démontre qu'elle est obsolète, sa suppression devient une décision métier documentée, couverte par des tests de non-régression.
Q6Comment restituez-vous un atelier ? Quels livrables produisez-vous derrière ?
Réponse attendue
Un compte-rendu structuré sous Confluence — décisions, hypothèses, actions avec porteurs et échéances, points ouverts — validé formellement par les participants. Le CR n'est pas un verbatim : il capture ce qui a été décidé. Derrière, je traduis en user stories et critères d'acceptation dans Jira, avec un lien vers le CR pour garder la traçabilité entre la décision métier et le développement.
Q7Avez-vous déjà animé un atelier qui s'est mal passé ? Qu'en avez-vous retiré ?
Réponse attendue
Oui — un atelier sur la qualité des données CRM avec douze participants et un objectif trop large : c'est devenu une réunion d'opinions sans décision. J'en ai retiré des règles que j'applique depuis : un atelier = une décision, six à sept participants maximum et les bons (ceux qui peuvent décider), un support envoyé en amont, et un timeboxing strict par sujet. Depuis, quand un atelier déborde, c'est que le sujet devait être découpé en deux ateliers.
Le quotidien du BA & la rédaction
Q8Décrivez-moi une journée ou une semaine type dans votre mission actuelle.
Réponse attendue
Ma semaine s'articule autour du sprint : le daily chaque matin, un refinement hebdomadaire, et selon le calendrier le planning ou la démo. Autour de cela : un à deux ateliers métier, de la rédaction (US, règles de gestion, specs d'interface), de la recette en continu sur les livraisons, une part quotidienne de support N2 et de suivi d'anomalies, et un point régulier avec le PO. En proportion : environ 40 % d'analyse et de rédaction, 30 % de recette, 15 % de support et de run, 15 % de cérémonies et de coordination.
Q9Comment rédigez-vous une user story ? Donnez-moi un exemple complet.
Réponse attendue
Format classique : « En tant que prospect, je veux obtenir un devis habitation en saisissant mon adresse, mon statut (locataire ou propriétaire) et le nombre de pièces, afin de connaître ma prime avant de souscrire. » J'y attache les règles de gestion référencées (zone inondable = surprime ; local commercial = hors cible), la maquette, et des critères d'acceptation en Gherkin : un cas passant nominal, le cas surprime, le cas refus. La US n'entre en sprint que si elle respecte la Definition of Ready.
Q10Quelle différence entre un BRD, une spécification fonctionnelle détaillée et une US ?
Réponse attendue
Le BRD exprime le besoin métier au niveau macro — objectifs, périmètre, gains attendus — en amont, pour faire valider le « quoi » et le « pourquoi ». La SFD décrit le fonctionnement cible en détail : règles, écrans, flux, données ; elle reste utile en cycle en V et pour les sujets structurants comme une interface partenaire. La US est l'unité de valeur livrable en sprint, avec ses critères d'acceptation. En agile, j'utilise un BRD léger au cadrage, des US pour le delivery, et une SFD quand le sujet est transverse et engage des tiers.
Q11Comment faites-vous une étude d'impact quand une évolution touche backoffice, écrans digitaux et flux partenaires ?
Réponse attendue
Je pars du parcours et je suis la donnée de bout en bout : écran (équipe externe) → API → backoffice (paramétrage, règles) → base de données → flux sortants (partenaires, éditique, comptabilité). Pour chaque maillon : qu'est-ce qui change, qui en est responsable, quel test le couvrira. J'ajoute systématiquement deux questions : quel impact sur le stock de contrats existants, et faut-il une reprise de données ? Le livrable est une matrice d'impacts validée avec les référents techniques de chaque maillon.
Q12Les écrans digitaux sont développés par une équipe externe. Comment spécifie-t-on sans maîtriser le front ?
Réponse attendue
On spécifie le contrat entre les deux mondes : le besoin fonctionnel (parcours, règles d'affichage, messages d'erreur, cas limites) d'un côté, et le contrat d'API de l'autre (endpoints, payloads, codes retour). J'y ajoute des critères d'acceptation testables des deux côtés et des maquettes partagées. Puis des ateliers tripartites réguliers et une recette d'intégration conjointe.
Q13Comment documentez-vous votre travail pour qu'il survive à votre départ ?
Réponse attendue
Tout ce qui est décidé va sous Confluence, structuré par périmètre : règles de gestion, parcours, interfaces, fiches produit, FAQ support. Les US gardent le « pourquoi » de chaque évolution, et chaque ticket support résolu alimente la base de connaissances. Mon test : un nouveau BA doit pouvoir retrouver une règle et son origine sans me solliciter. C'est d'autant plus important quand une équipe vit le départ d'un senior — je sais ce que coûte la connaissance non documentée.
Q14Comment priorisez-vous entre projet, évolutions, run et support ?
Réponse attendue
Par l'impact : le réglementaire et les incidents bloquants pour le client passent d'abord, puis les engagements de sprint, puis le reste. Je rends ma charge visible dans Jira, je négocie les délais en amont plutôt que de les subir, et j'alerte tôt le PO ou le manager quand tout ne rentre pas : prioriser, c'est renoncer explicitement à quelque chose — pas silencieusement.
Q15Comment montez-vous rapidement en compétence sur un produit que vous ne connaissez pas ?
Réponse attendue
Cinq leviers dans l'ordre : lire les conditions générales et particulières — la vérité contractuelle du produit ; dérouler le parcours complet en environnement de test ; explorer le paramétrage et les données du stock, qui racontent le produit réel ; binômer avec le BA ou le gestionnaire référent ; et traiter des tickets de support sur ce périmètre — c'est l'accélérateur le plus efficace, on apprend par les cas concrets. Je synthétise le tout dans une fiche produit qui sert ensuite à toute l'équipe.
Organisation des tests & recette
Q16Décrivez-moi votre processus de recette de bout en bout.
Réponse attendue
Cinq étapes. D'abord la stratégie : périmètre, environnements, jeux de données, responsabilités, critères d'arrêt. Ensuite le cahier de test, dérivé des US et de leurs critères d'acceptation : cas passants, non passants, cas limites, plus le périmètre de TNR. Puis l'exécution : déroulé des scénarios, qualification des anomalies (bloquante, majeure, mineure) sous Jira, suivi jusqu'à clôture, retest. Ensuite le PV de recette signé avec le métier, qui liste le périmètre testé, les résultats et les anomalies résiduelles acceptées : c'est le support du go/no-go. Enfin la MEP avec les vérifications de service régulier et la surveillance des premiers jours.
Q17Comment construisez-vous un cahier de test à partir d'une US ?
Réponse attendue
Chaque critère d'acceptation donne au moins un cas de test. J'ajoute : le cas passant nominal, les cas non passants (les erreurs attendues doivent bien se produire), les cas limites (bornes de dates, montants maximum, bonus à 0,50), les contrôles transverses (éditique générée, donnée correcte en base, flux émis) et la TNR sur les parcours adjacents. Le tout avec une traçabilité exigence-test : je dois pouvoir démontrer que chaque exigence est couverte.
Q18Qu'est-ce qu'un PV de recette ? Qui le signe, que contient-il ?
Réponse attendue
C'est le document formel de fin de recette : périmètre testé, taux d'exécution et de réussite, liste des anomalies ouvertes avec leur criticité et leur plan de traitement (correction post-MEP ou acceptation), et les éventuelles réserves. Il est signé par le métier ou le PO et par le BA. C'est le support factuel de la décision de mise en production — il protège tout le monde, car ce qui est accepté l'est en connaissance de cause.
Q19Comment qualifiez-vous les anomalies ? Que faire d'une mineure non corrigée à la veille de la MEP ?
Réponse attendue
Bloquante : empêche l'usage ou crée un risque réglementaire ou financier — pas de MEP. Majeure : fonction dégradée sans contournement — à arbitrer. Mineure : contournement possible ou cosmétique. Une mineure à J-1 ne bloque pas la MEP : je la documente au PV avec l'accord explicite du métier et une échéance de correction. On ne bloque pas une mise en production pour une mineure, mais on ne la perd pas non plus dans la nature.
Q20Qu'est-ce que la TNR et comment constituez-vous votre patrimoine de tests ?
Réponse attendue
La TNR (tests de non-régression) vérifie à chaque livraison que l'existant fonctionne toujours, sur les parcours critiques : devis-contrat par produit, quittancement, éditique. Je la constitue en promouvant les meilleurs cas de recette, et surtout en y intégrant chaque bug de production corrigé : un incident qui a existé une fois est un excellent candidat à la récidive. Le patrimoine est priorisé par criticité et maintenu à chaque évolution, sinon il meurt.
Q21La recette est sous Excel, avec un objectif de montée en outillage. Comment aborderiez-vous cette transition ?
Réponse attendue
J'ai pratiqué xRay intégré à Jira : référentiel de cas de test, plans d'exécution, traçabilité exigence-test-anomalie, tableaux de bord. Pour la transition, je commencerais par migrer le patrimoine de TNR — c'est le plus réutilisé, donc le meilleur retour sur effort — sur un périmètre pilote, avec des conventions de nommage claires, avant d'étendre. Et je garderais Excel en parallèle le temps de prouver la valeur : un outil de test doit alléger la recette, pas devenir une charge administrative.
Q22Quel rôle joueriez-vous dans l'automatisation des recettes, sans développer les scripts ?
Réponse attendue
Le rôle du BA y est central : identifier les candidats à l'automatisation (TNR fréquents, parcours stables, fort ROI), écrire les scénarios dans un formalisme structuré et réutilisable (Gherkin), définir les jeux de données et les résultats attendus, puis analyser les résultats des campagnes automatisées. Je commencerais par la TNR tarifaire : une dizaine de profils types de devis avec leurs tarifs de référence, rejoués à chaque livraison — périmètre stable, régressions critiques, ROI immédiat.
Q23Comment testez-vous une API ? Décrivez un test concret fait avec Postman.
Réponse attendue
Exemple réel sur l'API de souscription : un POST avec un payload nominal — je vérifie le code 201, l'identifiant de contrat renvoyé, et la création effective du contrat en base. Puis les cas d'erreur : date d'effet au mauvais format → 400 avec le bon message ; appel sans jeton → 401 ; et je contrôle la cohérence du tarif renvoyé avec celui du moteur tarifaire. Les collections Postman sont partagées à l'équipe pour être rejouables par tous.
Q24Le métier vous dit « pas le temps de recetter, on vous fait confiance ». Que faites-vous ?
Réponse attendue
Je n'accepte pas un GO sans filet, mais je ne bloque pas non plus : je propose une recette proportionnée au risque. Concrètement : une journée ciblée sur les cas critiques, le déroulé de la TNR existante, et un PV qui acte explicitement ce qui n'a pas été testé. Si le métier maintient sa position, la décision est tracée et portée par lui. Mon rôle n'est pas d'empêcher la décision, c'est de rendre le risque visible avant qu'elle soit prise.
Q25Racontez-moi une mise en production qui s'est mal passée.
Réponse attendue
Sur une évolution des règles de routage des paiements : un cas de figure — certains BIC hors zone — était absent du cahier de test parce qu'absent des spécifications. Résultat : des rejets en production, un correctif rapide et une reprise des opérations concernées. J'en ai changé deux choses : une revue systématique des cas limites avec les développeurs avant la recette — ils voient des cas que le BA ne voit pas — et l'entrée immédiate du cas dans la TNR. Une erreur qui a existé ne doit plus jamais coûter deux fois.
Run, incidents & support
Q26Un incident de production arrive : par quoi commencez-vous ?
Réponse attendue
Par l'impact, pas par la cause : combien de clients touchés, y a-t-il un enjeu réglementaire ou financier, depuis quand ? C'est ce qui fixe la priorité. Ensuite je fige les faits : reproduction, captures, logs Kibana, requête en base, et je communique un premier statut aux parties prenantes. Puis seulement la recherche de cause, la correction, la régularisation du stock impacté — et l'ajout du cas en TNR.
Q27Un exemple réel de bug investigué avec les logs et la base ? Déroulez le raisonnement.
Réponse attendue
Des devis auto en erreur sur certains codes postaux. Étape 1 : reproduction — l'erreur est systématique sur un code postal donné. Étape 2 : logs Kibana — le moteur tarifaire renvoie une erreur 500 « zone tarifaire introuvable ». Étape 3 : requête sur le référentiel des zones — les codes postaux récents sont absents, le millésime n'a pas été chargé. Correction de la donnée, contrôle sur les cas signalés, information du support N1 pendant toute l'investigation, et demande d'automatisation du chargement du référentiel pour éviter la récidive.
Q28Quand escaladez-vous au N3, et que contient votre dossier de transmission ?
Réponse attendue
J'escalade quand la cause relève du code ou n'est pas identifiable avec mes accès. Le dossier contient : le symptôme, les étapes de reproduction, l'environnement, un contrat témoin, les extraits de logs, les requêtes déjà exécutées et leurs résultats, l'impact et la priorité, et mon hypothèse. Un dossier bien qualifié divise le temps de résolution par deux — et c'est ce qui fait la crédibilité du N2 auprès des développeurs.
Q291 000 à 1 500 demandes par an : comment gérer ce volume sans sacrifier vos projets ?
Réponse attendue
Trois leviers. D'abord des créneaux dédiés — par exemple deux plages par jour — plutôt qu'un traitement au fil de l'eau qui fragmente tout : le projet est protégé, le demandeur a un délai prévisible. Ensuite la base de connaissances, qui tue les questions récurrentes, et l'analyse des motifs récurrents pour les transformer en évolutions : le meilleur ticket est celui qu'on ne reçoit plus. Enfin un suivi du stock de tickets visible de l'équipe, pour arbitrer collectivement quand ça déborde.
Q30Comment travailler sur des produits historiques mal documentés dont les sachants sont partis ?
Réponse attendue
La documentation, c'est le SI lui-même : le paramétrage, les données du stock et l'éditique racontent le produit réel. Je reconstruis la connaissance à partir de contrats témoins, je documente chaque découverte au fil de l'eau dans une fiche produit, je m'appuie sur les gestionnaires anciens qui manipulent ces contrats au quotidien, et je sanctuarise une TNR minimale sur ces produits — chaque intervention y est risquée précisément parce que personne ne connaît plus tous les cas.
Q31Un utilisateur signale un montant faux à l'écran. Bug, donnée corrompue ou comportement normal ?
Réponse attendue
Je compare les trois vérités : ce qu'affiche l'écran, ce que contient la base, ce que disent les règles (conditions générales, paramétrage). Écran différent de la base : bug de restitution. Base fausse : je cherche l'événement qui a écrit la donnée — un flux, un avenant, une reprise. Écran et base cohérents avec les règles : comportement normal, à expliquer à l'utilisateur (et si l'incompréhension est récurrente, c'est un sujet d'ergonomie ou de formation). Ce triage évite d'ouvrir de faux bugs aux développeurs.
Agilité & organisation d'équipe
Q32Décrivez vos cérémonies agiles et votre rôle dans chacune.
Réponse attendue
Le daily : synchronisation de 15 minutes — fait hier, prévu aujourd'hui, blocages. Le refinement : je présente les US et leurs critères, je réponds aux questions des développeurs, je note ce qui doit mûrir. Le sprint planning : j'éclaire le périmètre fonctionnel, les développeurs s'engagent. La démo : je co-présente avec le PO ce qui a été réalisé, les développeurs interviennent quand ils le souhaitent. La rétro : j'y apporte les sujets qualité et process. Mon fil rouge dans toutes : rendre le besoin limpide et lever les ambiguïtés le plus tôt possible.
Q33Comment se passe un refinement ? Que faites-vous d'une US jugée pas assez mûre ?
Réponse attendue
Le PO ou moi présentons la US et ses critères d'acceptation ; les développeurs analysent et posent leurs questions. Si la US n'est pas mûre, on la sort du circuit : je complète — un atelier ciblé, des données, une règle à trancher — et elle revient au refinement suivant. Si elle est trop grosse, on la découpe : par cas d'usage, par produit ou par étape de parcours. Ensuite le poker planning : estimation en points sur la suite de Fibonacci (1, 2, 3, 5, 8, 13) ; au-delà de 13 points, le découpage est obligatoire. Les écarts d'estimation sont précieux : ils révèlent les incompréhensions avant le développement.
Q34C'est quoi votre DoR et votre DoD ? Pourquoi est-ce important ?
Réponse attendue
La Definition of Ready liste les conditions pour qu'une US entre en sprint : US claire, critères d'acceptation présents, dépendances identifiées, maquettes disponibles, US estimée. La Definition of Done liste les conditions pour la déclarer terminée : code review effectuée, tests unitaires OK, tests d'intégration OK, tests fonctionnels OK, déployée en environnement de recette. La DoR protège le sprint des sujets flous en entrée ; la DoD garantit que « fini » veut dire fini en sortie. Sans elles, on accumule des US qui traînent et des « presque fini ».
Q35Comment l'équipe s'engage-t-elle au sprint planning ? Vélocité et capacité ?
Réponse attendue
La vélocité est le nombre moyen de points réalisés sur les derniers sprints : c'est la base factuelle de l'engagement. On l'ajuste par la capacité réelle du sprint — les absences : en été, on s'engage sur moins de points que le reste de l'année. Le PO priorise le backlog, et l'équipe tire les US en tête de liste jusqu'à hauteur de sa capacité. L'engagement appartient à ceux qui réalisent, pas à celui qui priorise.
Q36Comment gérez-vous la cohabitation build/run dans un sprint ?
Réponse attendue
On réserve 10 à 20 % des points du sprint au run : incidents, support, correctifs. Cette réserve absorbe l'imprévu sans faire exploser l'engagement de build. Si le run déborde sur un sprint, on désengage explicitement des US — décision du PO, tracée — plutôt que de sacrifier la qualité en silence. Et si le run déborde régulièrement, c'est un signal de fond à remonter : dette technique ou problème de qualité à traiter à la racine.
Q37Le PO veut ajouter une US urgente en plein sprint. Comment réagissez-vous ?
Réponse attendue
Je qualifie d'abord l'urgence réelle : réglementaire ou incident majeur, ou simplement important ? Une vraie urgence entre dans le sprint, mais en échange : on sort un volume équivalent de points, décision prise avec l'équipe et tracée. Une fausse urgence va en tête de backlog pour le sprint suivant — ce qui, avec des sprints de trois semaines, reste rapide. Le sprint n'est pas un guichet ouvert, mais ce n'est pas un bunker non plus.
Q384 PO métier pour 3 BA : comment gérer plusieurs donneurs d'ordre en parallèle ?
Réponse attendue
Une dominante par BA pour l'expertise, mais des backlogs visibles de tous pour la continuité. L'arbitrage de capacité entre périmètres se fait au bon niveau — le manager et les PO ensemble, en amont du planning — pas silencieusement par le BA qui subirait quatre priorités concurrentes. Ma responsabilité : rendre visible ce que la priorité d'un PO coûte aux autres, avec des faits. Et la polyvalence de l'équipe permet de se prêter main-forte sur les pics.
Partenaires & flux
Q39Avez-vous travaillé avec des partenaires externes ou des gestionnaires délégués ?
Réponse attendue
Oui, dans les deux missions. En banque : les flux interbancaires avec les systèmes de place (SWIFT, Target2, Euro1) — suivi quotidien des flux, contrôles, traitement des rejets, réconciliations. En assurance : le prestataire de signature électronique et les flux internes du parcours. Les rituels qui fonctionnent : une supervision quotidienne des comptes-rendus de flux, un comité récurrent avec le partenaire, et un registre des incidents de flux avec leurs causes pour attaquer les récurrences.
Q40Un flux quotidien vers un partenaire part en rejet. Déroulez votre traitement.
Réponse attendue
D'abord mesurer l'étendue : tout le flux ou quelques enregistrements ? Ce n'est pas la même urgence. Ensuite analyser le compte-rendu de rejet et identifier la cause : donnée manquante, format, référentiel désynchronisé, ou incident côté partenaire. Puis corriger à la source, rejouer ou reprendre les enregistrements rejetés, et vérifier la réconciliation au cycle suivant. Enfin, tracer l'incident et le prévenir : un contrôle en amont de l'émission vaut mieux qu'un traitement de rejet en aval.
Q41Comment spécifiez-vous une évolution d'interface avec un partenaire qui a ses propres contraintes ?
Réponse attendue
Par une spécification d'interface conjointe et versionnée : format, champs, règles de gestion, codes de rejet — validée des deux côtés. Le planning s'aligne sur les cycles de release des deux parties, avec si possible une période de rétrocompatibilité ou de double-run pour ne pas exiger une bascule simultanée. Et une recette d'intégration conjointe, avec des jeux de données échangés à l'avance. La clé : ne jamais découvrir l'interprétation du partenaire le jour de la bascule.
Connaissance assurance
Q42Expliquez le cycle de vie d'un contrat IARD, du devis à la résiliation.
Réponse attendue
Le devis : tarification selon les critères de risque. La souscription : création du contrat, édition des conditions particulières, premier encaissement. La vie du contrat : avenants (changement d'adresse, de véhicule, de garanties), quittancement à chaque échéance annuelle, indexation. Les sinistres : déclaration, instruction, règlement, recours éventuel. La résiliation : à l'échéance, via la loi Chatel (information sur l'avis d'échéance), la loi Hamon (à tout moment après un an), ou à l'initiative de l'assureur après sinistre. À chaque étape, des documents (devis, CP, avis d'échéance, attestations) et des écritures comptables.
Q43Bonus-malus ? Convention IRSA ? Quittance ? Avenant ?
Réponse attendue
Le bonus-malus (coefficient de réduction-majoration) va de 0,50 à 3,50 : réduction de 5 % par année sans sinistre responsable, majoration de 25 % par sinistre responsable, appliqué à la prime de référence auto. La convention IRSA est un accord entre assureurs pour accélérer l'indemnisation des dommages matériels auto : chaque assureur indemnise son propre client, puis des recours forfaitaires s'appliquent selon un barème de responsabilité. La quittance est l'appel et le justificatif de la prime pour une période. L'avenant est l'acte qui modifie un contrat en cours.
Q44Différence assurance de biens / assurance de personnes ? Où placer prévoyance et assurance vie ?
Réponse attendue
L'assurance de biens couvre le patrimoine et la responsabilité, sur un principe indemnitaire — on répare un préjudice — c'est la branche non-vie, l'IARD. L'assurance de personnes couvre la personne elle-même (vie, intégrité, santé), souvent sur un principe forfaitaire. La prévoyance (décès, incapacité, invalidité) est une assurance de personnes ; l'assurance vie est un produit d'épargne de la branche vie ; l'assurance emprunteur est une assurance de personnes adossée à un crédit.
Q45Que savez-vous de l'assurance affinitaire et de ses spécificités ?
Réponse attendue
C'est l'assurance distribuée en accessoire d'un produit non assurantiel — par exemple un compte ou une carte : protection des moyens de paiement, télésurveillance. Ses caractéristiques : primes faibles, très forts volumes, souscription simplifiée. Et ses points de vigilance : la distribution accessoire est très encadrée par la DDA (devoir de conseil, information précontractuelle), le droit de renonciation de 14 jours s'applique, et la vie du contrat est liée aux événements bancaires — une clôture de compte a des effets côté assurance. Côté SI : industrialisation et fiabilité des traitements de masse.
Q46Que savez-vous de la loi Lemoine et de son impact SI ?
Réponse attendue
La loi Lemoine (2022) permet de résilier et substituer l'assurance emprunteur à tout moment, sans attendre l'échéance ; elle supprime le questionnaire médical sous conditions (part assurée jusqu'à 200 000 euros, terme du prêt avant les 60 ans de l'assuré) et ramène le droit à l'oubli à 5 ans. Impacts SI majeurs : parcours de substitution entrants et sortants, vérification d'équivalence des garanties selon les critères CCSF, suppression conditionnelle des formalités médicales dans les parcours, courriers et volumétrie de résiliations à absorber.
Q47Vous n'avez jamais pratiqué Cléva. Qu'en savez-vous, et comment le prendre en main vite ?
Réponse attendue
Cléva est un progiciel de gestion d'assurance qui couvre tout le cycle de vie du contrat — référentiel produits et tarifs, souscription et gestion, sinistres, comptabilité technique, éditique, interfaces — piloté par paramétrage. Je ne l'ai pas pratiqué, mais je travaille quotidiennement avec un backoffice du même type : mêmes objets métier (contrat, quittance, avenant, événement), même logique de paramétrage produit et d'éditique. Pour un BA, l'essentiel est le modèle de données et les règles de gestion — l'outil est un vocabulaire, et un vocabulaire s'apprend vite avec des cas réels et le dictionnaire de données.
Technique (SQL, API, architecture)
Q48Écrivez une requête : nombre de contrats par produit, puis prime moyenne des seuls contrats actifs.
Réponse attendue
Première requête : SELECT produit, COUNT(*) AS nb_contrats FROM contrats GROUP BY produit; — une ligne de résultat par produit. Seconde : SELECT produit, AVG(prime_annuelle) AS prime_moyenne FROM contrats WHERE statut = 'ACTIF' GROUP BY produit; — le WHERE filtre les lignes avant le regroupement, donc la moyenne ne porte que sur les contrats actifs. Et je précise spontanément la règle : toute colonne du SELECT hors fonction d'agrégation doit figurer dans le GROUP BY.
Q49Clé primaire, clé étrangère, jointure : illustrez sur contrats / clients / sinistres.
Réponse attendue
La clé primaire identifie de manière unique chaque ligne d'une table — id_contrat dans la table contrats : jamais vide, jamais en double. La clé étrangère est une colonne qui référence la clé primaire d'une autre table : id_client dans contrats pointe vers clients.id_client, ce qui garantit qu'un contrat est toujours rattaché à un client existant (intégrité référentielle). La jointure relie les tables par ces clés : sinistres joint à contrats par id_contrat, puis à clients par id_client, pour lister par exemple tous les sinistres en cours avec le numéro de contrat et le nom du client.
Q50Vous avez fait du PostgreSQL, pas du DB2. Qu'est-ce qui change ?
Réponse attendue
Le SQL standard — SELECT, jointures, agrégations, GROUP BY — est identique : c'est 90 % de mon usage en investigation. Ce qui change relève du dialecte : quelques fonctions, la syntaxe de limitation des résultats (FETCH FIRST n ROWS ONLY), la manipulation des dates, et les outils clients. Pour un usage en lecture au support N2, la marche est très faible : je m'appuierai sur le dictionnaire de données de l'équipe et un jeu de requêtes types que je me constituerai les premières semaines.
Q51Différence synchrone / asynchrone, avec un exemple de chaque en assurance ?
Réponse attendue
En synchrone, l'appelant attend la réponse pour continuer : l'appel au moteur tarifaire pour établir un devis — le tarif revient instantanément à l'écran, typiquement via une API REST. En asynchrone, le message est déposé et le traitement se fait en différé : la déclaration de sinistre — accusé de réception immédiat, mais l'instruction est traitée plus tard — ou le quittancement en batch de nuit. Le choix : réponse nécessaire à l'instant pour l'utilisateur = synchrone ; traitement long, massif ou rejouable = asynchrone, plus résilient.
Q52Une API renvoie une 403, puis une 500. Que comprenez-vous et que faites-vous ?
Réponse attendue
La 403 : l'appelant est authentifié mais pas autorisé — je vérifie les habilitations, le profil, le périmètre de l'utilisateur ou de l'application. Ce n'est pas un bug de données, c'est un sujet de droits. La 500 : erreur côté serveur — réflexe immédiat : les logs (Kibana), identifier l'exception, reproduire, et ticket développeur si la cause est dans le code. La grille de lecture générale : 4xx, le problème est côté appelant (données, droits, chemin) ; 5xx, il est côté serveur.
Situationnel & problématiques réelles (format STAR)
Q53La problématique la plus difficile de votre mission actuelle, et comment vous l'avez résolue ?
Réponse attendue
Situation : intégrer les exigences de conformité RGPD/KYC dans le parcours de souscription sans dégrader la conversion — deux objectifs en tension frontale. Tâche : trouver le parcours conforme le moins frictionnel. Actions : des ateliers réunissant conformité et distribution autour des mêmes cas concrets, un benchmark des pratiques du marché, le report en asynchrone des contrôles qui pouvaient l'être (vérifications post-souscription), et des cas de dérogation tracés. Résultat : un parcours validé par la conformité, sans chute de conversion mesurée, et des règles documentées qui servent depuis de référence sur les autres parcours.
Q54Une évolution en prod produit des tarifs faux depuis trois jours. Que faites-vous, dans quel ordre ?
Réponse attendue
Un : mesurer — quels produits, combien de devis et de contrats, sur-tarification ou sous-tarification ? L'impact client et financier d'abord. Deux : stopper l'hémorragie — corriger ou désactiver la règle fautive, décision prise avec le PO. Trois : informer — management, métier, et conformité si des clients sont lésés. Quatre : régulariser le stock — lister les contrats touchés et définir la stratégie de reprise (remboursement, avenant, geste commercial) selon le sens de l'erreur et le cadre juridique. Cinq : le post-mortem — pourquoi la recette ne l'a pas vu ; en général la réponse est l'absence de TNR tarifaire et de contrôle de cohérence post-MEP, donc on les met en place. L'ordre compte : l'impact d'abord, la cause ensuite.
Q55Vous héritez du périmètre d'un senior parti à la retraite, sans passation complète. Vos 90 premiers jours ?
Réponse attendue
Jours 1 à 30 — comprendre et sécuriser : cartographier le périmètre (produits, stock, flux, partenaires, contacts clés), traiter du support pour apprendre par les cas réels, et identifier les 20 % de sujets qui portent 80 % du risque — typiquement le quittancement, les échéances et les flux partenaires. Jours 31 à 60 — consolider : documenter au fil de l'eau chaque découverte, reprendre les sujets en cours, sanctuariser une TNR minimale sur les zones critiques. Jours 61 à 90 — contribuer : reprendre les projets et proposer les premières améliorations, notamment sur l'outillage de recette. Et pendant toute la période : poser toutes les questions tant que les sachants indirects — gestionnaires, développeurs anciens — sont disponibles.
Q56Vous découvrez en recette que votre propre spécification était fausse. Comment le gérez-vous ?
Réponse attendue
Je le dis immédiatement et factuellement : l'anomalie est dans la spécification, pas dans le développement — le développeur n'a pas à porter mon erreur. Ensuite je mesure l'impact : qu'est-ce qui a été développé sur cette base, qu'est-ce qui doit être repris ? Je corrige la spécification avec le métier et je replanifie le correctif avec le PO en toute transparence. La crédibilité d'un BA se joue précisément là : une équipe corrige beaucoup plus vite quand personne ne cherche à se couvrir.
Q57Un développeur implémente autre chose que la spec et soutient que sa version est meilleure. Comment tranchez-vous ?
Réponse attendue
J'écoute d'abord sur le fond : il a parfois raison, techniquement ou même fonctionnellement. Mais la décision fonctionnelle appartient au métier, pas à l'équipe technique ni à moi : si sa version est meilleure, je la fais valider par le métier et la spécification évolue officiellement ; sinon, retour à la spécification. Et je cadre pour la suite : les écarts se discutent avant le développement, au refinement — c'est exactement à ça que sert cette cérémonie.
Q58Le métier valide une règle en atelier, puis la conteste après la mise en production. Que faites-vous ?
Réponse attendue
Je ressors la traçabilité — compte-rendu d'atelier, US validée, PV de recette — non pas pour « gagner », mais pour établir sereinement les faits : la règle livrée est celle qui a été validée. Ensuite je traite le vrai sujet : cette règle validée ne convient pas à l'usage réel, donc c'est une nouvelle évolution, à prioriser normalement. Et j'en tire la leçon en amont : si la validation a échoué, c'est souvent qu'elle portait sur un cas trop abstrait — désormais je fais valider sur des cas réels chiffrés, pas sur des principes.
Q59Racontez-moi une erreur professionnelle formatrice.
Réponse attendue
En début de mission data quality, j'ai lancé un dédoublonnage de la base clients avec des critères de rapprochement trop larges : des fiches distinctes ont été fusionnées à tort. Nous avons arrêté le traitement, restauré, puis repris par lots avec un échantillon de contrôle validé par le métier avant chaque exécution. Résultat : une base fiabilisée — et surtout un réflexe définitif : toute opération de masse a depuis un dry-run, un échantillon validé et un plan de retour arrière. Cette erreur m'a appris plus que bien des succès, et elle me sert encore sur chaque reprise de données.
Motivation & fit d'équipe
Q60Pourquoi quitter votre mission actuelle pour celle-ci ?
Réponse attendue
Ma mission actuelle est riche, mais le périmètre est centré sur un cycle produit que je maîtrise désormais bien. Ce poste m'offre ce que je recherche : la polyvalence multi-produits — biens, prévoyance, affinitaire, vie —, le mélange projet, évolutions, run et support que j'apprécie, et un contexte bancassurance qui fait la jonction exacte entre mes deux mondes : l'assurance et la banque. C'est une suite logique, pas une fuite.
Q61Qu'est-ce qui vous attire dans la bancassurance par rapport à un assureur direct ?
Réponse attendue
Trois choses. La distribution s'appuie sur le réseau et sur les moments de vie bancaires — un crédit amène l'assurance emprunteur, un compte amène l'affinitaire — ce qui crée des parcours et des volumes spécifiques. Les SI dialoguent en permanence avec le monde bancaire et avec des gestionnaires délégués comme Cardif : cette dimension flux et interfaces, je la connais et je l'aime. Et la palette produits y est plus large que chez un assureur direct mono-ligne : c'est exactement la polyvalence que je viens chercher.
Q62L'équipe est soudée et vient de perdre un pilier. Comment vous intégrez-vous ?
Réponse attendue
En écoutant d'abord : une équipe soudée a ses codes et son histoire, et je ne remplace pas une personne, je reprends un périmètre. Je crée du lien par le concret : prendre rapidement des sujets de support et de run qui soulagent visiblement les autres, demander de l'aide sans ego, et apporter mes pratiques — xRay, Gherkin, structuration de la recette — comme des propositions au service de l'équipe, jamais comme des leçons. La confiance se gagne par ce qu'on rend, pas par ce qu'on annonce.
Q63Où vous voyez-vous dans cette mission dans un an ?
Réponse attendue
Autonome sur ma dominante produit et opérationnelle sur les autres périmètres — capable de couvrir un collègue absent, puisque c'est le besoin de l'équipe. Référente sur une partie du legacy repris du BA senior, avec une documentation qui a comblé le trou de connaissance. Et contributrice visible des deux chantiers d'outillage : la recette outillée et l'automatisation de la TNR — deux sujets où mon expérience apporte de la valeur dès les premiers mois.
Bonus — pour aller plus loin
Q64Quels codes réponse HTTP un BA doit-il connaître par cœur, et comment les lire ?
Réponse attendue
La grille : 2xx = succès, 3xx = redirection, 4xx = erreur côté appelant, 5xx = erreur côté serveur. Les incontournables : 200 OK (lecture réussie), 201 Created (ressource créée, ex. contrat souscrit), 204 No Content (succès sans corps, ex. suppression), 400 Bad Request (payload invalide — champ manquant, mauvais format), 401 Unauthorized (pas ou plus authentifié — jeton absent ou expiré), 403 Forbidden (authentifié mais pas habilité), 404 Not Found (ressource inexistante — mauvais identifiant), 409 Conflict (état incompatible, ex. souscription en double), 422 Unprocessable Entity (syntaxe correcte mais règle métier violée), 500 Internal Server Error (bug ou exception serveur → logs), 503 Service Unavailable (service indisponible, souvent temporaire — maintenance, saturation).
Q65GET, POST, PUT, PATCH, DELETE : quelle différence, et qu'est-ce que l'idempotence ?
Réponse attendue
GET lit sans modifier. POST crée une ressource (ou déclenche un traitement). PUT remplace intégralement une ressource existante. PATCH la modifie partiellement (ex. changer seulement l'adresse du contrat). DELETE la supprime. L'idempotence : rejouer le même appel produit le même état — GET, PUT et DELETE sont idempotents, POST ne l'est pas (deux POST de souscription = deux contrats, d'où les mécanismes anti-doublon). Pour un BA, ce point est concret : sur un réseau instable, un front peut rejouer un appel — la spec doit dire ce qui se passe alors.
Q66À quoi sert un contrat d'API (Swagger / OpenAPI) pour un BA ?
Réponse attendue
C'est la spécification formelle et exécutable de l'interface : endpoints, verbes, paramètres, schémas de payload, codes réponse et messages d'erreur. Pour le BA, c'est le livrable pivot entre le front (souvent une équipe externe), le back et les partenaires : chacun développe contre le contrat, pas contre des suppositions. Il sert aussi de support de recette (on teste chaque endpoint contre son contrat avec Postman) et de documentation vivante. Une modification du contrat est une évolution d'interface : versionnée, communiquée, avec étude d'impact sur tous les consommateurs.
Q67JSON : savez-vous le lire ? Décrivez la structure d'un payload de sinistre.
Réponse attendue
Oui — le JSON est le format d'échange standard des API REST : des paires clé-valeur, des objets imbriqués entre accolades et des tableaux entre crochets. Exemple de déclaration de sinistre : { "numContrat": "AUTO-2024-0042", "typeSinistre": "BRIS_DE_GLACE", "dateSurvenance": "2026-08-12", "tiers": [ { "nom": "Durand", "assureur": "MAIF" } ] }. En recette, je vérifie la présence et le format de chaque champ contre le contrat d'interface, les champs optionnels, la gestion des valeurs nulles et des accents/encodages.
Q68INNER JOIN vs LEFT JOIN : quelle différence, avec un exemple assurance ?
Réponse attendue
L'INNER JOIN ne garde que les lignes qui matchent des deux côtés : contrats INNER JOIN sinistres = uniquement les contrats ayant au moins un sinistre. Le LEFT JOIN garde toutes les lignes de la table de gauche, avec NULL à droite quand il n'y a pas de correspondance : contrats LEFT JOIN sinistres = tous les contrats, sinistrés ou non. Le piège classique : compter les sinistres par contrat avec un INNER JOIN fait disparaître les contrats sans sinistre — il faut un LEFT JOIN avec COUNT(s.id_sinistre), qui compte 0 pour eux.
Q69WHERE vs HAVING : quand utiliser l'un ou l'autre ?
Réponse attendue
WHERE filtre les lignes avant le regroupement, HAVING filtre les groupes après agrégation. Exemple : « les produits dont la prime moyenne des contrats actifs dépasse 500 € » = WHERE statut = 'ACTIF' (filtre les lignes) puis GROUP BY produit HAVING AVG(prime_annuelle) > 500 (filtre les groupes). On ne peut pas mettre une fonction d'agrégation dans le WHERE — c'est le signe qu'il faut un HAVING.
Q70Qu'est-ce qu'une transaction et les propriétés ACID ? Pourquoi c'est important en assurance ?
Réponse attendue
Une transaction regroupe plusieurs opérations en un tout indivisible : tout passe ou tout est annulé. ACID : Atomicité (tout ou rien), Cohérence (la base reste dans un état valide), Isolation (les transactions concurrentes ne se voient pas à moitié faites), Durabilité (une fois validé, c'est persisté). En assurance c'est critique : une souscription écrit le contrat, la quittance et l'écriture comptable — si l'une échoue, on ne veut pas d'un contrat sans quittance. Idem pour un règlement de sinistre : le virement et la mise à jour du dossier doivent rester cohérents.
Q71Kafka, files de messages : expliquez topic, producteur, consommateur, offset — et l'intérêt en assurance.
Réponse attendue
Un topic est un canal nommé où des producteurs déposent des messages et où des consommateurs viennent les lire, chacun à son rythme : l'offset est le curseur de lecture de chaque consommateur. Le message est persisté : si l'équipe consommatrice est arrêtée, rien n'est perdu — elle rattrape son retard (le lag) au redémarrage. Intérêt en assurance : découpler les équipes et absorber les pics — la déclaration de sinistre publie un événement, l'indemnisation, la comptabilité et l'éditique le consomment chacun de leur côté ; une tempête qui génère 10 000 déclarations en une heure ne fait pas tomber le système, elle allonge juste la file.
Q72Batch vs temps réel : donnez des exemples assurance et les critères de choix.
Réponse attendue
Temps réel (API synchrone) : le devis — l'utilisateur attend son tarif à l'écran. Batch : le quittancement annuel — des centaines de milliers de quittances générées la nuit ; l'indexation des primes ; les flux comptables quotidiens ; l'éditique de masse. Critères : besoin de réponse immédiate → synchrone ; volume massif, traitement planifié, rejouable → batch ; entre les deux, l'événementiel (Kafka) pour du quasi-temps réel découplé. Le BA doit connaître le mode de chaque flux : un bug de batch se diagnostique par les comptes-rendus d'exécution, pas par les logs d'API.
Q73Qu'est-ce qu'un modèle de données (MCD) et pourquoi le BA doit-il savoir le lire ?
Réponse attendue
Le MCD représente les entités métier (client, contrat, garantie, sinistre, quittance), leurs attributs et leurs relations avec les cardinalités : un client détient 0 à n contrats, un contrat porte 1 à n garanties, un sinistre se rattache à exactement un contrat. Le lire permet au BA de valider que le modèle supporte les règles métier (peut-on avoir un sinistre sur un contrat résilié ? une garantie sans plafond ?), d'écrire ses requêtes d'investigation, et de détecter tôt les impacts d'une évolution : ajouter la co-souscription, c'est passer une relation de 1-1 à n-n — un chantier, pas un champ.
Q74Quels environnements connaissez-vous (dev, recette, préprod, prod) et quelles règles sur les données de test ?
Réponse attendue
Dev : l'équipe technique développe et teste unitairement. Recette (ou UAT) : le BA et le métier valident fonctionnellement, avec des jeux de données maîtrisés. Préprod : iso-prod, pour les répétitions de MEP et les tests de performance. Prod : les vrais clients. Règle d'or RGPD : pas de données personnelles réelles hors production sans anonymisation ou pseudonymisation — les jeux de recette sont soit synthétiques, soit issus d'une copie anonymisée. Et chaque anomalie doit préciser son environnement : un bug de recette n'a pas la même urgence qu'un bug de prod.
Q75Webhook vs polling : quelle différence pour intégrer un partenaire ?
Réponse attendue
Le polling : j'interroge le partenaire à intervalle régulier (« la signature est-elle faite ? ») — simple mais coûteux et avec une latence égale à l'intervalle. Le webhook : le partenaire m'appelle quand l'événement survient (« le client a signé ») — temps réel et économe, mais il faut exposer un endpoint sécurisé, gérer les rejeux si on était indisponible, et vérifier l'authenticité de l'appel. Exemple typique : le prestataire de signature électronique notifie par webhook la signature du contrat, avec un polling de rattrapage en filet de sécurité.
Q76Écrivez un critère d'acceptation en Gherkin sur la déclaration de sinistre.
Réponse attendue
Étant donné un contrat AUTO-2024-0042 actif avec la garantie bris de glace / Quand l'assuré déclare un sinistre de type « bris de glace » survenu il y a moins de 5 jours / Alors le sinistre est créé au statut « DECLARE », un accusé de réception est envoyé par email, et le dossier est affecté à la corbeille de l'équipe indemnisation. Et le cas non passant : Étant donné un contrat résilié / Quand l'assuré tente de déclarer un sinistre postérieur à la date de résiliation / Alors la déclaration est refusée avec le message « contrat non couvert à la date de survenance ». Le Gherkin force à expliciter l'état initial, l'action et le résultat observable — c'est directement testable, voire automatisable.
Q77Comment lisez-vous des logs applicatifs, et à quoi sert un identifiant de corrélation ?
Réponse attendue
Je pars d'un fait daté (l'heure de l'erreur, le numéro de contrat) et je filtre dans Kibana par période, niveau (ERROR/WARN) et mots-clés. L'identifiant de corrélation (correlation ID) est un identifiant unique propagé par tous les composants traversés par une même demande : front → API → backoffice → flux. Avec lui, je reconstitue le parcours complet d'un appel à travers les microservices ; sans lui, chaque composant raconte une histoire isolée. Bonne pratique que je pousse en spec : tout message d'erreur affiché au client porte une référence que le support peut corréler aux logs.
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Une base de données assurance IARD tourne directement dans votre navigateur : clients, contrats, garanties, sinistres, quittances. Choisissez un exercice, écrivez votre requête (Ctrl+Espace pour l'autocomplétion), exécutez avecCtrl+Entrée — le résultat est comparé automatiquement au résultat attendu.
Votre résultat
Exécutez une requête pour voir le résultat.
Résultat attendu
L'API Assurance IARD ci-dessous est simulée : chaque appel est traité par de vraies règles (authentification, habilitations, données, règles métier). Modifiez les paramètres et observez les codes réponse — 4xx : le problème est côté appelant ; 5xx : côté serveur.
Une situation, un appel — quel code réponse l'API doit-elle renvoyer ? Comprendre le problème avant de regarder la réponse : c'est exactement le réflexe attendu d'un BA au support.
La déclaration de sinistre est le cas d'école de l'asynchrone : l'assuré reçoit un accusé de réception immédiat, mais l'instruction est traitée plus tard, par une autre équipe, à son rythme. Déposez des messages sur le topic, arrêtez le consommateur pour voir lelag se creuser, puis redémarrez-le : rien n'est perdu.
🧑💻 Équipe Déclaration producteur
Le parcours SelfCare enregistre la déclaration, répond « accusé de réception » à l'assuré… et publie un message. Son travail s'arrête là : elle n'attend pas le traitement.
🔔 Notifications reçues via sinistres.traites
📚 Broker de messages type Kafka
sinistres.declareslag : 0sinistres.traiteslag : 0Les messages sont persistés et lus dans l'ordre. Chaque consommateur garde son offset (curseur de lecture) : le retard s'appelle le lag.
🕵️ Équipe Indemnisation consommateur
Elle tire les messages à son rythme : vérification des garanties, franchise, décision — puis publie le résultat sur le topic retour.
Ce que ce simulateur montre
L'équipe Déclaration ne connaît pas l'équipe Indemnisation : elles ne partagent que le contrat de message. L'une peut évoluer, tomber, redémarrer — sans casser l'autre.
Arrêtez le consommateur puis déclarez des sinistres : rien n'est perdu. Les messages attendent sur le topic, et le rattrapage se fait au redémarrage.
Une tempête génère 5 déclarations d'un coup : le producteur n'est pas ralenti, la file s'allonge (le lag monte), puis se résorbe. En synchrone, le service serait saturé.
Le résultat du traitement revient par un second topic — pas par une réponse directe. L'accusé de réception immédiat et la décision différée sont deux moments distincts du parcours.